L'archéologue et le diplomate

Recension rédigée par Josette Rivallain


Ce petit livre, en 200 pages denses, rend compte de la grande expérience acquise par son auteur et ses prestigieuses fonctions dans le domaine de la direction et de l’organisation des fouilles françaises, principalement en archéologie orientale. Ce pourrait être une énumération ennuyeuse, pas du tout, tant l’auteur est passionné par ses activités. Ici, il a à cœur de rendre hommage à deux hommes, qui, bien qu’impliqués pleinement dans la Deuxième Guerre Mondiale, ont entrepris de mettre en place les outils d’un nouveau type de relations internationales, fondé sur la connaissance et la reconnaissance de l’autre, ce nouvel ordre était destiné à supplanter la violence et la contrainte Ainsi, ici, est dressé un bilan de ce système mis au point par la France, associant recherches scientifiques et diplomatie entre les cinq continents. Charles de Gaulle et Henri Seyrig lancèrent les grandes lignes d’un passage à un nouvel ordre international, ouvrant le Service des Antiquités.

Ce livre n’est pas qu’un exposé historique d’activités archéologiques et diplomatiques, localisées essentiellement dans l’est de la Méditerranée et au Proche-Orient. Nicolas Grimal, archéologue de terrain, a été directeur de l’Institut français d’archéologie orientale au Caire avant de devenir professeur d’égyptologie à la Sorbonne, puis professeur émérite au Collège de France, membre de la Commission consultative des fouilles françaises au Ministère de l’Enseignement et aux Affaires étrangères, avant de devenir Secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences et Belles-Lettres.

Le récit de ces différentes étapes, au fur et à mesure de leur maturation, nous fait considérer la politique, autour des préoccupations scientifiques et diplomatiques, avec des yeux neufs et dynamiques. Il y est également dressé un bilan des interventions de la France dans le sauvetage et le développement des patrimoines historiques s’appuyant sur l’interdisciplinarité et les progrès technologiques, et pas seulement autour de la question de l’archéologie de l’Égypte antique, née avec Napoléon Ier, mais également de la Syrie, du Liban, de la Grèce, impliquant universités et ministères, l’ouvrant à l’UNESCO. Il explique la finalité de nouveaux pôles de recherches archéologiques sous l’égide de la France entrainant d’autres nations dont sont issus les chercheurs impliqués dans ces recherches.

De ces fructueuses rencontres ont pu naître une meilleure connaissance du passé, mais aussi des êtres humains. C’est un véritable hommage rendu aux grandes institutions françaises dont l’Institut et le Muséum national d’histoire naturelle.

La clarté, la concision du style en font un merveilleux document qui éclaire le dynamisme de la recherche scientifique internationale.