L'armée française pendant la guerre d'Algérie : une chronologie mensuelle ...

Recension rédigée par Jean Nemo


Cet épais volume ne déroge point à son titre.

Mais présentons tout d’abord son auteur : né à Alger en 1937, polytechnicien, il fut également « sur le terrain » comme militaire pendant une partie de la période couverte. Certaines sources, dont la 4ème de couverture, affirment que ses droits d’auteur sont reversés à l’Entraide légionnaire et à l’Entraide parachutiste. En fait, selon la même 4ème de couverture, « l’objectif de cette chronologie …est de permettre à des acteurs de cette guerre, anciens combattants ou Français d’Algérie, ou à leurs descendants, de se situer dans cette suite d’évènements ». Enfin, après avoir été à « Électricité & Gaz d’Algérie » en 1960, il est devenu D.G. de Gaz de France en 1996.

Dans une bibliographie assez peu abondante, ce n’est pas la première fois que l’auteur aborde le thème presque sous le même intitulé, en 2015 par exemple. 

La table des matières comprend trois grandes parties : avant 1954 ; celle que porte le titre lui-même de l’ouvrage, « L’armée française pendant la guerre d’Algérie » ; après 1962. La première et la troisième ne comportent qu’une ou deux vingtaines de pages, laissant évidemment l’essentiel à la période sous revue, plus une petite trentaine d’annexes (dont une mince bibliographie intitulée « … a été construite sur la base des principales sources données ci-après »). Ces trois parties sont elles-mêmes divisées en quatorze chapitres chronologiques.

L’engagement de l’auteur est clair. Il est comme tel respectable.

L’ouvrage lui-même est peu accessible au commun des mortels, excepté sans doute ceux qui ont, pour une partie de la période ou toute, vécu en Algérie : appelés du contingent, ceux que l’on avait coutume d’appeler « pieds noirs », évidemment « les autres, berbères ou arabes ». Soit peu de survivants actuels, du moins en Algérie. Sauf les berbères ou,arabes, de ceux qui n’ont pas émigré ou de ceux qui y ont été forcés…

En fait, il s’agit ici d’un véritable ouvrage collectif, tant sont nombreux les témoignages des uns et des autres ou leur généralement courte biographie. Pour ceux qui ont vécu tel ou tel épisode de la guerre, certains raccourcis ou voire erreurs sont surprenants. Á moins évidemment que la façon dont ils en gardent la mémoire ne soit elle-même trop marquée de subjectivisme.

Les témoins de l’époque, dont est l’auteur de la présente note de lecture, auraient beaucoup à discuter tel ou tel point de l’ouvrage.  

Bref, celui-ci deviendra pour les chercheurs historiens ou sociologues un outil de travail intéressant, quoiqu’orienté, comme il a été dit plus haut.