La langue paternelle

Auteur Arno Dubois
Editeur Cambourakis
Date 2019
Pages 142
Sujets Littérature (Cambourakis) Roman français
21e siècle
Cote 63.047
Recension rédigée par Jean Nemo


Contrairement à ce que son nom pourrait laisser à penser, l’auteur de ce premier roman n’a pas que des origines maternelles cévenoles à endosser. Du côté paternel, ses ancêtres ont suivi de Lesseps autrefois et se sont acclimatés aux pays du Levant.

Arno Dubois est né en banlieue parisienne, il est fils de professeurs de français et de mathématiques. Bien qu’il n’ait aucun don pour les langues, ses ancêtres paternels, polyglottes franco-arméniens d’Égypte, ont laissé quelques traces dans sa conception de ce qu’est une « langue paternelle ». Il charge le héros de ce premier roman, Gafdhi, de parler pour lui.

On commencera par un ou deux reproches éditoriaux qui ne devraient pas détourner de la lecture de ce premier roman, fort réjouissant : pas de table des matières, encore moins de titres des sept ou huit chapitres. Le lecteur s’embarque donc « sans guide ».

Arno Dubois a déjà « officié » dans nombre d’activités plus ou moins journalistiques ou associatives. Dans l’ouvrage sous revue, il interroge un père supposé, Gafdhi, à propos de la réalité de la ou des « langues paternelles ».

Serait-ce parce qu’il est membre d’une famille supposée polyglotte mais, comme on l’aura compris, parfaitement assimilée à la France, comme il vient d’être dit, sans « don » particulier pour les « langues ». Mais avide d’histoire familiale…

Comme il est dit (p. 83) : « Que l’usage de l’expression « se mettre au travail » relie par analogie l’enseignement des mathématiques, profession de Gafdhi, et son intimité avec la langue arabe, voilà un rapprochement qu’on imputera à ma manie de tirer les raisonnements par les cheveux ».

Ce père est scruté par un fils (est-ce l’auteur lui-même ?), probablement l’auteur, bercé d’histoires familiales auxquelles il ne comprend pas grand-chose.

« Mésaventures » que connaissent bien nombre de Français hexagonaux, parfaitement « assimilés », venus par ancêtres interposés d’autres passés, comme il n’y a guère les provinciaux de France. Mésaventures des passés familiaux.

Et quand le narrateur prétend que son frère aurait parlé l’arménien, il qualifie cette prétention de « traite mot ».

Ce premier roman, mis à part deux ou trois remarques éditoriales (voir ci-dessus), n’est certes pas un ouvrage savant. Il se lit néanmoins avec grand intérêt et sera retenu par bien de ses lecteurs comme vivant et leur parlant.