Cette publication s’inscrit dans une ancienne collection lancée par les éditions Maisonneuve et Larose entre 1996 et 2002, qui republiait des ouvrages épuisés, considérés comme des classiques, constituant des outils de travail et de réflexion, remettant ainsi à disposition du grand public éclairé ces textes à des prix modiques.
Gustave Vallée, l’auteur, découvre en 1937 dans les fonds anciens de la Bibliothèque municipale de Poitiers une correspondance inédite échangée entre 1752 et 1773, entre des négociants poitevins installés dans les comptoirs français des Indes et leur parentèle restée au pays.
Françoise de Valence décrit dans la préface la richesse documentaire du contenu de ces quelque cinquante missives, publiées in extenso. Les aspects les plus divers de la vie de ces commerçants expatriés aux Indes au milieu du XVIIIe siècle sont abordés de manière tout à fait exceptionnelle : la situation historico-politique et son instabilité, les épreuves personnelles subies par les scripteurs (maladie, conditions alimentaires, mariages, disputes, coquetterie, difficultés pour se faire une situation sociale) et les coulisses d’un commerce privé venant compléter les émoluments accordés par la Compagnie des Indes.
Ainsi, la richesse documentaire de cette correspondance, reproduite ici dans son état brut, vient enrichir de manière abondante la littérature déjà foisonnante sur cette épopée de la France aux Indes. Plus généralement, l’Occident appréhende cette expérience hors du commun sous la plume des aventuriers qui relatent dans leur journal les épisodes d’une traversée de France vers ce nouveau continent, tandis que des études passent au crible les heurs et les malheurs d’une traversée « classique », ainsi que les routes empruntées. Cette correspondance des Renault de Saint-Germain, célèbre famille de négociants de Châtellerault, illustre la vie quotidienne des premiers expatriés qui s’installent à la fin du XVIIe siècle aux Indes.
Ce recueil de correspondances inédites entre les comptoirs français de la côte est de l’Inde et le monde familial du Poitou vient enrichir le fonds extrêmement divers des témoignages en tous genres illustrant cette aventure tant économique, technologique qu’humaine, en abordant ici des aspects mal connus : l’intimité des « trafiquants » français du milieu du XVIIIe siècle aux Indes, un aspect encore peu documenté de la fantastique évocation de cette aventure française : les riches heures de la Compagnie des Indes orientales.