Djolibah : la découverte des sources du Niger : roman historique

Auteur Raymond Lehideux-Vernimmen
Editeur l'Harmattan
Date 2022
Pages 431
Sujets Niger (cours d'eau)
Roman historique
Cote 66.970
Recension rédigée par Yves Boulvert


Après « Oser et réussir », « Ashanti » …, Raymond Lehideux-Vernimmen, passionné d’Afrique, présente « Djolibah, La découverte des sources du Niger ». Entrepreneur et homme de média, il n’a pas voulu rédiger un sec rapport de faits et d’observations, mais plutôt faire revivre une ambiance, donner le contexte d’une époque de prise de contact entre deux mondes très différents.

Au premier abord, on peut s’étonner de voir consacrer un ouvrage de 431 pages à une expédition de 1879, considérée comme secondaire, « quatre mois de voyage, dont 123 jours à pied, à travers la Sierra Leone » mais à l’insu des autorités britanniques. Expédition cependant originale en elle-même, conçue et financée par un entrepreneur autodidacte de Marseille, C.A. Verminck, qui avait fait fortune en installant des comptoirs le long des côtes d’Afrique Occidentale, particulièrement dans les « Rivières du Sud ». 

Pour ce projet, il envoya deux de ses jeunes agents : Josua Zweifel, Suisse-Allemand, et Marius Moustier, originaire du même village provençal que lui, Le Fuveau. Celui-ci relata ses expériences de terrain et aventures, notamment en Guinée, à Benty et Boké, d’où René Caillié était parti en 1827 pour gagner Tombouctou puis le Maroc.

L’auteur est un conteur. Pour rendre vivante sa relation, il a préféré la forme du roman « librement mais directement » inspiré de leurs aventures, carnets de terrain (sur lesquels on aimerait avoir des précisions) et comptes-rendus d’époque : presse ou Bulletins des Sociétés de Géographie de Marseille et de Paris. La bibliographie anglo-saxonne n’est pas occultée ; en outre, des digressions ne sont pas rares aussi bien sur les grands explorateurs tels Mungo Park et Stanley que sur les hommes politiques : Léopold II, L. Gambetta dont il évoque la vie avec ce clin d’œil au lecteur : « Si vous ne la connaissez pas » !

Si les exploits des grands explorateurs sont connus, l’on traite rarement des premiers agents des comptoirs de traite qui, souvent seuls, cherchaient à comprendre leur environnement complexe : milieu physique, climat pernicieux, maladies, accidents, populations aux langages divers induisant des problèmes de compréhension réciproques, sorcellerie … Les deux « découvreurs » furent maudits pour vouloir pénétrer au sein d’une montagne sacrée. Malédiction dont certains virent la concrétisation dans leur mort précoce : J. Zweifel décéda à 41 ans, noyé dans le Niger, M. Moustier fut également retrouvé noyé à 34 ans !

L’ouvrage clair se lit aisément. Sa compréhension est de surcroît facilitée par de petites cartes schématiques régionales et surtout par des reproductions de précieuses gravures d’époque illustrant les paysages, les lieux-dits et les personnages-intervenants cités.

R. Lehideux-Vernimmen met en lumière une exploration peu connue, celle de Zweifel et Moustier, doublée d’une avancée scientifique importante, la découverte des sources du Niger, troisième fleuve africain, plus que jamais source de vie pour les pays qu’il traverse.