| Auteur | Jean Cordelle |
| Editeur | Maisonneuve et Larose nouvelles éditions |
| Date | 2025 |
| Pages | 493 |
| Sujets | Le Mée, Jean (1892-1927) Récits personnels France. Marine 1914-1918 (Guerre mondiale) Marins français Musa Dagh (Turquie) 1900-1945 Génocide arménien (1915-1923) Arménie 20e siècle |
| Cote | In-4 2366 (Delafosse) |
C’est un impressionnant épisode de l’histoire de notre Marine que relate ici Jean Cordelle, petit-fils de l’enseigne de vaisseau breton Jean Le Mée, « mort pour la France » en 1927 (des suites d’une maladie contractée pendant la guerre). Ses archives personnelles, retrouvées par l’auteur, constituent le point de départ d’une superbe enquête. Jean le Mée avait 23 ans au moment des faits de septembre 2015 dont il fut témoin et acteur, il commandait la compagnie de débarquement du croiseur Desaix.
Deux mois plus tôt, le 13 juillet 1915, les autorités ottomanes ordonnaient la déportation des habitants des sept villages arméniens du Musa Dagh (ou Djebel Moussa ou « mont Moïse »), en Syrie septentrionale, à hauteur d’Antioche. Refusant leur sort, plus de 4.000 Arméniens entrent en résistance, repoussant quatre assauts d’une division de la 4ème armée ottomane et ses appuis d’artillerie.
« La bataille héroïque » tel est le nom de ces évènements, incluant le sauvetage des Arméniens par la Marine française. Car le 5 septembre 1915, l’équipage du croiseur français Desaix, en mission de blocus maritime en baie d’Antioche, aperçoit un appel au secours sur le sommet du Djebel Moussa.
C’est le début d’une rencontre inédite entre Arméniens et marins français. Ensemble, ils organisent et réalisent une évacuation audacieuse depuis la plage du Ras el Mina (« la plage des Arméniens »), permettant à 4.092 Arméniens de rejoindre Port-Saïd en Égypte grâce à cinq croiseurs de la Marine nationale française. Les combattants arméniens embarqués formeront d’ailleurs plus tard le noyau de la « Légion d’Orient », une unité homogène de la Légion Étrangère.
Ce récit, basé sur des sources historiques, multiples témoignages officiels et privés, met en lumière le rôle essentiel des marins français dans le sauvetage des Arméniens et leur engagement commun pour la liberté. Une histoire d’héroïsme, de solidarité et de valeurs humanistes qui résonne encore aujourd’hui.
Voilà un excellent ouvrage, richement illustré, une mine d’informations sur une opération méconnue de la Grande Guerre. Le sens de l’honneur et de l’initiative d’officiers de Marine sans instructions du ministère de la Marine, notamment les amiraux Dartige du Fournet et Darrieus et le capitaine de Vaisseau Vergos, « pacha » du Desaix, ainsi que le professionnalisme des exécutants, dont le jeune enseigne de vaisseau Le Mée, ont permis de sauver miraculeusement des milliers de vies.
Un acte d’humanité heureusement rappelé ici et que les Arméniens de Musa Dagh, conduits par leur audacieux et éclairé chef Pierre Dimlakian, et leurs descendants n’ont jamais oublié.
« Vive la Royale ! »