| Auteur | Katrin Langewiesche, Mahamadi Ouédraogo… [et al] ; préface de Jean-Paul Koudougou |
| Editeur | Maisonneuve et Larose nouvelles éditions |
| Date | 2026 |
| Pages | 153 |
| Sujets | Voyants Burkina Faso Divination Burkina Faso Croyances populaires Burkina Faso XXIe siècle |
| Cote | 70.498 |
Le livre a été écrit à plusieurs mains, rendant compte de pratiques culturelles anciennes dans lesquelles la religion tient une place de premier ordre alors que la mondialisation entraîne la disparition d’une grande part du capital patrimonial et de son extraordinaire diversité. C’est à travers la parole, l’écrit, la photographie et le dessin que le mouvement, l’âme de ce groupe revit. Les photographies des responsables bugba sont saisissantes. Ces différentes approches sont le fruit d’un travail international.
Ce travail a été possible grâce à l’association moore créée en 2016 par un groupe qui a ressenti le besoin de faire vivre ce patrimoine dans le cadre d’une association et de la faire connaître au sein de la nation. Parmi eux sont un groupe de fils bugba, un membre de la cour royale de Ouahigouya, un conteur, des anthropologues, un photographe chargé de fixer sur la pellicule les rites et les étapes de la fabrication des habits rituels, des masques, des instruments de musique. Les dessins de la peintre Valérie Blanchand expriment l’imaginaire bugba.
Les Bugba font partie des premières populations à s’être installées au Burkina, dans une région peuplée essentiellement par les Moosé, réputés pour leurs connaissances et leur cohabitation avec les humains et les non humains, car ils sont clairvoyants, maîtres de la parole, du vent et de la pluie ; ils sont respectés par la population. Autour de Ouahigouya, leurs pratiques ont commencé à disparaître, à la fin des années 1970.
Cette tranche de temps correspond à la disparition de plusieurs villages de Bugba qu’hommes et femmes venaient consulter lors de problèmes de santé graves, de catastrophes, au moment des récoltes. Parfois, c’était le chef d’un village qui les sollicitait. Les Bugba faisaient tomber la pluie au bon moment, éloignaient les vents violents et pouvaient agir en réseaux régionaux.
L’iconographie vient à l’appui de l’étude de l’histoire de cette société des Bugba, bousculée par les transformations de notre monde, soulignant l’adaptation et la vivacité des traditions de cet univers, rendant hommage à la position sociale et au savoir des piliers de cette société, le tout étant renforcé par la création artistique, par des contes, des photographies, des peintures. Les couleurs renforcent les approches qu’ont les Bugba de la compréhension du monde, leur insufflent un mouvement.
Ce livre répond à la demande des familles des Bugba, souligne leur potentiel, rappelle le devoir de protection des savoirs particuliers, la nécessité de les transmettre aux générations à venir et de rassembler les différentes parties de la société.
Avec sa présentation esthétique, le livre constitue un ensemble rendant compte de la vivacité et des ressources historiques, spirituelles, de l’un des savoirs africains. Depuis 2020, l’association bugba organise une exposition itinérante de photographies qui va de villages en villages et d’écoles en écoles au Burkina Faso.