| Auteur | David Diop |
| Editeur | Julliard |
| Date | 2025 |
| Pages | 363 |
| Sujets | Mythologie égyptienne Quête (littérature) Roman français 2000-.... |
| Cote | 69.981 |
Cet auteur sénégalais semble pénétré de la même inspiration que Léopold Senghor, lequel veut assurer le lien ancestral entre le Sénégal et l’Égypte. Car ce roman est comme un roman d’initiation, dans un retour aux sources mythologiques. Et celui qui en maîtrise le cours, c’est Bilal Seck, un mage échappant mystérieusement au choléra, associé à un griot maître de paroles : « Je suis le voyant, l’élu des élus. Je suis le rapporteur omniscient, le lien vivant entre le passé et le présent, le scribe d’antan et d’aujourd’hui. Je dois survivre pour transmettre le récit des origines aux héritiers. »
Bilal est un inspiré, il « sait » et suit jusqu’au bout ses convictions : « il savait que le trésor d’Osiris caché par Ounifer se trouvait là, au cœur profond du temple. Riche d’un savoir unique, il était certain qu’il le trouverait, contrairement à Ésitout-Pétoubastis. Cela l’exaltait : il se sentait tel un demi-dieu, extralucide, capable de prédire l’avenir. » Dès lors, la mission est claire : il faut parcourir ce chemin, passer par Djenné, la cité rouge, et gagner la terre promise et céleste, celle « où s’adosse le ciel. »
On suit donc cette odyssée au gré des rencontres, des contemplations. Et en définitive on va assurer la tradition ; car la fille de Bilal, Nételli, « l’élue des élues », reçoit le récit des anciens qui lui révèle la nouvelle cité d’Abydos, avec les Mamelles, ses deux promontoires.
On va de récit en récit, de page en page, car chacune détient quelque parole ou révélation. C’est une écriture pleine, avec sa kyrielle de rencontres, personnes ou lieux, chaque fois significatifs. David Diop avait déjà séduit avec Frère d’âme ; il se révèle ici coryphée d’une aventure céleste, où chaque parole demande respect pour atteindre la vérité finale.