Un itinéraire au ministère de la coopération : une histoire 1962-2009

Recension rédigée par Jean Nemo


Ce ministère appartient aujourd’hui à la Chine, d’où un certain « dépaysement » lorsque l’on passe devant en bus ou en taxi, pis que l’on passe à pied rue Monsieur, quelle qu’en soit la raison.

Venons-en à cet itinéraire, non sans surprise : le ministère en question n’a pas eu d’histoire jusqu’en 2009 : il disparut à la fin du siècle dernier, après une quarantaine d’années d’existence (les Indépendances du « pré carré »), absorbé par les Affaires étrangères, il resta quelque temps la « Coop », jusqu’à sa disparition définitive au début de ce siècle. Sauf lecture inattentive, cette date 2009 marque-elle la fin d’une époque ?

L’auteur s’en explique : il a choisi cette date de fin parce qu’elle correspond à « la fin définitive de cette petite épopée » de la rue Monsieur. Celle-ci n'interviendra que deux ans plus tard, avec une refonte - une de plus - de l'organigramme de la DGCID (Direction Générale de la Coopération Internationale) : la transformation de la DPDEV (???) en deux nouvelles directions et l'abandon définitif du bâtiment de la rue Monsieur, pour une installation dans les locaux de l'ancienne imprimerie nationale, rue de la Convention, avec une entrée rue de Javel.

Le dernier directeur des politiques du développement est Régis Koetschet qui a remplacé Jean-Christophe Deberre en 2008.

Il quitte son poste en même temps qu'il quitte la rue Monsieur et comme il est d'usage, il rassemble tous les agents de la direction pour un pot amical, auquel pour une raison un peu mystérieuse, mais avec beaucoup de plaisir, il est convié plus de deux années après avoir pris sa retraite. Pour la même raison un peu mystérieuse, on lui a communiqué le texte de l'allocution que prononce le dernier directeur du développement le 5 février 2009. La restitution intégrale de son allocution lui paraît constituer la fin idéale pour terminer « Un itinéraire au ministère de la Coopération : une histoire. » Et, en page 301, il termine : « Cette allocution très chaleureuse est écoutée avec beaucoup d'attention, d'émotion et des paupières humides ». Comme cette « fin de séance » empruntée à Eddy Mitchell par Régis Koetschet, elle signe la fin définitive de la rue Monsieur (aujourd’hui, il a été somptueusement réhabilité). Ce bâtiment, non entretenu depuis plusieurs années dans l'attente de son abandon, fut très dégradé. Le rideau est tombé. La flamme qui éclairait les lieux s'est éteinte. Les « outils » de la rue Monsieur sont dispersés. Il s'est écoulé presque cinquante ans, jour pour jour, depuis la signature des décrets de mars 1959 qui avaient donné naissance au ministère de la Coopération. Un itinéraire au ministère de la Coopération : une histoire prend ainsi fin, ici. »

Né en 1941 à Verviers, en Belgique, l’auteur a pris sa retraite en 2006 et exerce aujourd’hui des activités de consultant.

Ce livre mélange, au sens certainement pas péjoratif, des « Mémoires » personnelles et des jugements sur la politique de coopération au développement. Prenons-le comme tel. Car cet auteur a effectivement travaillé pour ce ministère de la coopération, rue Monsieur ou en Afrique.

En sept chapitres, l’auteur raconte à la fois ses affectations en Afrique et à Paris. Le premier raconte sa première affectation (1962-1966) à l’ambassade de France en Haute Volta (nom à l’époque du Burkina-Faso), le second (1966-1976) en France, rue Monsieur, au bureau du cinéma. Le troisième (1976-1979) au cabinet du ministre Jean de Lipkowski. Le quatrième (1979-1988), comme chef du bureau du cabinet. Le cinquième (1988-1999), comme conseiller de mission (Dakar, Yaoundé, Ouagadougou). Le sixième (1999-2003) à Kigali. Le septième (2003-2006), le retour à l’administration centrale, à la DGCID.

Il est difficile pour un recenseur de porter un jugement sur cet ouvrage, s’il a fréquenté les mêmes lieux africains et parisiens et s’il a connu l’auteur. Il ne peut porter que des compléments (certes pas inutiles !!!) à cet ouvrage abondamment illustré.

La seule remarque que ce « recenseur » peut apporter : ce tout petit ministère fut en butte à d’autres organismes ministériels d’autres ministères « envahissants », ce que ne relève pas José Gohy, dont l’objectif était autre.