Cartier

Auteur Jean-Michel Demetz
Editeur Tallandier
Date 2020
Pages 142
Sujets Cartier, Jacques (1491-1557)
Biographies
Cote 64.012
Recension rédigée par Jean Nemo


Encore un livre sur Jacques Cartier, diront des lecteurs pressés qui l’ont connu du temps de leur scolarité : né à Saint-Malo, il ne tint qu’à lui qu’au moins une partie du Canada appartînt à la France. Ce serait négliger les références de l’auteur de l’ouvrage sous revue.

Journaliste, il vit tantôt en France, tantôt au Québec. Sa bibliographie est plutôt limitée, soit dit sans connotation péjorative : deux autres ouvrages, « Champlain », « Les Québécois », lui ont valu un prix en 2010, décerné sauf erreur par l’Institut français d’Ottawa.

Abondamment nourri de cartes anciennes et d’illustrations d’époque, il se divise en six chapitres, un prologue et un épilogue. Il est écrit dans le prologue (bilingue) que pendant longtemps, Cartier avait été présenté comme le « découvreur du Canada ». C’était négliger les Vikings, les Vénitiens, les Portugais, qui l’avaient précédé. « Avec ce Breton, la France, puissance continentale, apprend à répondre à l’appel du large. Et à regarder au-delà de l’horizon ».

Les six chapitres dont le titre parle au lecteur pressé s’intitulent : « La formation d’un jeune marin » ; « François 1er, un roi à convaincre » ; « Premier voyage, premières rencontres » ; « Deuxième voyage, l’abord d’un continent » ; « Troisième voyage, les espoirs envolés » ; « La fin du voyage ».

Les querelles européennes de l’époque (celle de Charles-Quint) se transmettent, premier effet d’une « mondialisation », dans cette vallée du Saint-Laurent, et les Roberval s’opposent rudement aux Cartier, sur base de croyance quasi mythologiques à l’or des environs (qui n’est que du mica), pour peu qu’on réussisse à les exploiter.

Sur le retour, les Bretons vivement pressés par Roberval se refusent à le rejoindre et « Mais les Bretons se sauvèrent secrètement de nous » et rentrèrent au pays, « La gloire les y attend, espèrent Carier et ses hommes. La déception ne sera que plus amère ».

On regrettera pour Jean-Michel Demetz d’être peu enthousiaste sur son ouvrage, mais il faut bien dire que celui-ci parlera surtout au « lecteur éclairé » qui connaît bien l’histoire des interférences déjà à cette époque des querelles européennes et des illusions « colonialistes » qui l’accompagnent.