Résister à la conquête française, pays du golfe de Guinée et océan Indien, XIXe siècle ...

Recension rédigée par Jean Nemo


Comme il a été dit au sujet d’un autre ouvrage de cet auteur (à propos de « Les résistances africaines aux conquêtes djihadistes et françaises du XIXème siècle »), il fut coopérant, professeur de lycée au Sénégal et au Gabon. Il soutint une thèse de doctorat d’État en 1985 sur l’histoire de la Casamance. Puis il enseigna notamment à Lyon dans un lycée « Les résistances africaines aux conquêtes djihadistes et françaises du XIXème siècle ».

Sa relativement riche bibliographie, une vingtaine de publications, concerne essentiellement les relations historiques franco-africaines, les hommes qui les ont marquées.

En fait, il s’agit ici de la suite de ses recherches et réflexions sur les résistances africaines à la colonisation, étendues cette fois-ci à l’océan Indien.

La photo de couverture est celle de la statue de Gbehanzin, à Abomey. Elle est en ce sens moins provocante, du moins pour l’auteur de la présente note de lecture, que celle qui figurait sur l’ouvrage précédent, en une ? de la page de couverture.

Dans son prologue, l’auteur dédie son ouvrage à Iba der Thiam, qui lui a toujours fait confiance et a vulgarisé sa thèse, il remercie selon l’usage d’autres universitaires sénégalais. Dans son introduction, après un bref rappel des conditions et méthodes de la colonisation par la France et des résistances africaines (décrites dans le précédent ouvrage), il conclut ainsi : « Les souffrances éprouvées ont laissé des traces dans les mémoires. Elles sont cause de bien des incompréhensions. Pour les dissiper et envisager un avenir plus serein, l’histoire nous invite à les connaître et à tenter de les comprendre. ».

En onze chapitres, l’auteur aborde successivement un certain nombre de pays, en commençant par la Guinée-Conakry et terminant par le pays des Afar et des Issa, non sans avoir survolé Madagascar et les Comores.

La première phrase de la conclusion prête à tout le moins à discussion : « Avant la conquête européenne, les Africains forgeaient leur propre destin ». Si par ces mots, il s’agit de la conquête coloniale ou des raisons mercantiles de la pré-colonisation, n’est-ce pas oublier quelques siècles d’histoire partagée, celle de la traite négrière notamment qui commença au milieu du 18ème siècle et fut le fait de négriers européens et de leurs fournisseurs africains.

Il est vrai qu’à la fin de cette conclusion, s’agissant de Senghor, il écrit : « Visionnaire, ce métis culturel comprit bien avant d’autres que l’interdépendance entre les peuples européens et africains dans le cadre de l’Universel succéderait à l’époque révolue de la colonisation ». Rien ne saurait être aussi vrai, si l’on souligne le mot « interdépendance », une parmi beaucoup d’autres…Quelle est-elle ?

Comme pour le précédent ouvrage (« Les résistances africaines aux conquêtes djihadistes et françaises du XIXème siècle »), celui sous revue est abondamment illustré, il bénéficie d’une bonne bibliographie, d’annexes intéressantes (elles concernent plusieurs « traités inégaux »).

Á lire comme « Les résistances africaines aux conquêtes djihadistes et françaises du XIXème siècle » pour une entrée en matière, pour le lecteur peu averti de l’histoire franco-africaine, motif à discussions pour le lecteur plus connaisseur de cette histoire.