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an.pngFoccart : archives ouvertes (1958-1974)

La politique, l'Afrique et le monde

Journée d'étude Jeudi 26 et vendredi 27 mars, organisée par les Archives nationales à l'occasion de la publication de l'inventaire des archives du secrétariat général des Affaires africaines et malgaches et de la Communauté (1958-1974).

Lire le programme.

Note manuscrite du général de Gaulle, signée le 9 mai 1960, qui confère à Jacques Foccart, secrétaire général pour les Affaires africaines et malgaches, son autorité sur les ministères pour tout ce qui touche aux anciennes colonies françaises d'Afrique. Ce document constitue l'avènement du "Monsieur Afrique" et de sa cellule à la main droite du président de la République en 1960, année des indépendances.

« Les archives répondront à votre question », avançait Jacques Foccart dans ses entretiens (Foccart parle) pour ne pas répondre à une question embarrassante. Surnommé « l'homme de l'ombre », Jacques Foccart a été le premier « Monsieur Afrique » de la Ve République en devenant le secrétaire général des Affaires africaines et malgaches des présidents de Gaulle et Pompidou. Il incarnait simultanément la part sombre du gaullisme et le mythe de l'homme sans archive : en somme, le secret absolu de l'exercice du pouvoir au cœur de l'Élysée. Pourtant, dès les années 1980, les Archives nationales ont collecté les archives de son secrétariat général, laboratoire de la politique française en Afrique.


Le fonds Foccart a pour socle la collection de manuscrits du général de Gaulle remis aux Archives nationales par Jacques Foccart dès 1971. À compter de 1977, dans le cadre de la constitution des archives présidentielles, René Journiac, ancien bras droit de Foccart devenu son successeur auprès du Président Giscard d'Estaing, verse 300 ml des archives des collaborateurs de Foccart (partie « Élysée » du fonds). En 1980, les Archives nationales approchent Jacques Foccart et obtiennent qu'il remette les 100 ml d'archives emportées en 1974 à son départ de l'Élysée pour poursuivre ses activités politiques (partie « Scribe »).

L'une des grandes particularités de ce fonds d'archives présidentielles est de mettre au jour le tissu humain qui anime ce que la postérité a qualifié de « réseaux Foccart ». Il apparaît aussi varié que dense, à la croisée des réseaux issus de la Résistance, des amitiés gaullistes, des services de renseignement, des relations interpersonnelles et des missi dominici, dans une dimension quotidienne longue d'une quinzaine d'années. Les sources officielles y croisent les sources officieuses.
Le « fonds Foccart » invite à une plongée dans les archives et les arcanes originelles de la politique de la France en Afrique. Depuis les années 2000, ce fonds est devenu une pierre angulaire de la nouvelle historiographie de la décolonisation de l'Afrique pour les chercheurs français et étrangers, notamment africains.